mardi 1 février 2011

Comment emmener plus d’Africains sur Internet ?


Hier on a reçu la visite de Tidjane Déme responsable Google en Afrique francophone pour un débrief sur la campagne Google Baraza (disclosure : notre agence s’occupe de cette campagne). Il faut dire que j’ai manqué à plusieurs reprises l’opportunité de rencontrer Tidjane lors des Barcamps que je ratais à cause de formations que j’animais deux années de suite.

Tidjane est tout simplement le parfait Geek, passionné mais avec un sens du business extraordinaire. Quand il est arrivé vers 18 h il a dépassé mon bureau parce qu’il avait le nez sous son Ipad en train de consulter les statistiques de visites de son nouveau bébé « Google Baraza ». Avec sa chemise, son jean et ses bottes il me rappelait étrangement Sergey Brin et contrastait terriblement avec nos dégaines de communicants. Mais quel sens du business, Tidjane est plus un Steve Jobs qu’un Steve Wozniak, il est plus obnubilé par les résultats de ses actions que n’importe quel chef d’entreprise que j’ai pu rencontrer ces dernières années. La stratégie de Google en Afrique consiste à pousser les Africains à mettre plus de contenus sur le web. Et Google Baraza est justement la plateforme sur laquelle compte Google pour y arriver. Google Baraza est un site de questions-réponses à l’image de Yahoo Answers ou du phénoménal Quora. Tous les sujets et les questions y sont abordés. Chaque internaute peut poser des questions et répondre à d’autres questions glanant ainsi des points sur le site. L’idée est excellente et pourrait amener plus de personnes sur Internet.

Pour cela Google mise sur une campagne rapide qui sert aussi de test pour 3 jours. Des cybers sont loués au campus de l’université Cheikh Anta Diop et la connexion est gratuite pour les personnes qui veulent bien aller poser des questions dans Google Baraza. Et ce dispositif est relayé par un sponsoring d’une émission radio populaire sur Nostalgie bien suivie par les jeunes dans lequel l’animateur pose des questions et choisi des réponses qu’il lit à l’antenne.


Après une journée les résultats sont intéressants, le trafic du site a connu une hausse de 400%. Ce qui est pas mal. Mais Tidjane plus méticuleux que jamais veut mesurer le vrai impact de la campagne radio par rapport au trafic sur le site. Il faut comprendre que Google n’est pas une entreprise habituée aux campagnes médias et qu’en Afrique de l’ouest c’est tout simplement la première fois que cela se fait. Quoi qu’il arrive, il est certain que l’histoire est en train de s’écrire en Afrique avec Google et que ces moments seront cruciales pour l’avenir du continent. Internet aura un impact extraordinaire dans le développement du continent quand on voit le rôle qu’il a déjà joué dans les révolutions politiques comme en Tunisie. Il est certain que l’ouverture au monde est inéluctable grâce au web.

Je n’ai pas résisté à l’envie de demander à Tidjane pourquoi Google a toujours échoué dans la sphére sociale. Il a tout simplement répondu qu’il était content que Facebook soit très populaire en Afrique parce qu’il permet justement à des Africains de découvrir Internet et d’aller ensuite faire des recherches sur Google une fois qu’ils connaissent le web. C’est vrai que personne ne se demande pourquoi Facebook n’est pas un acteur majeur du search alors qu’on ressasse toujours les échecs de Google sur le social.

En tout cas j’invite tout le monde à visiter Google Baraza et contribuer à l’enrichissement de la connaissance en Afrique. 

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