jeudi 2 décembre 2010

Comment bluffer Google en utilisant les complaintes des clients ?


Accrochez vous et retenez votre souffle en écoutant cette histoire horrible mais vrai. J’ai lu lundi dernier un article du New York Times qui raconte le cas d’un chef d’entreprise peu scrupuleux, aux méthodes scandaleuses et inacceptables. Le gars en question, New yorkais d’origine Russe est patron d’une entreprise qui vend des lunettes de marque sur Internet (je ne mettrais pas le nom ni le lien de son site pour éviter de contribuer à sa très scandaleuse démarche). Jusqu’ici rien de surprenant, mais seulement notre bonhomme en lieu et place des lunettes neuves, rachète des lunettes en contrefaçon sur Ebay et les revend à de pauvres diables qui arrivent sur son site web via Google. Le plus grave est que son site est hyper bien classé sur Google pour la plupart des noms de lunettes de marque que les internautes tapent. Et pour cela, il n’a pas eu besoin de louer les services d’un expert en référencement, il a tout simplement profité des lacunes de Google. Explications.

Google une technologie de pointe…mais stupide.

Google classe les pages web en utilisant un algorithme très complexe mais aussi très secret. Cet algorithme est sans nul doute le secret le mieux gardé chez Google pour des raisons évidentes. Seulement tous les spécialistes en référencement savent qu’il est possible de tromper le moteur en utilisant diverses techniques. Pendant longtemps ce fut le « Keyword stuffing » qui consistait à mettre plusieurs mots clés ciblés dans la même page au risque de rendre le texte incohérent. Quand Google a compris, ils ont corrigé en ayant recours à ce qu’ils appellent le « trust ranking », un système de classement basé sur le nombre de liens que la page détient. L’idée est simple, si beaucoup de sites pointent un lien vers une page c’est que la page doit être de qualité. Ingénieux non. Seulement c’est par là que le scandale arrive cette fois.

Revenons à notre e-commerçant véreux. En trompant ses clients, il s’est rendu compte que la plupart d’entre eux se rendaient dans des sites et forums consommateurs pour raconter leurs déboires sur Internet. A chaque fois, un lien vers le site est laissé par les clients floués pour avertir d’autres clients. Seulement, ils ne se rendaient pas compte qu’ils étaient en train d’apporter plus de pigeons à notre bonhomme. Au lieu de faire fuir les clients, le nombre de liens acquis améliorait le classement des pages du site sur Google puisque la plupart de ces sites sont jugés d’autorité par le moteur. S’en étant rendu compte, notre e-commerçant pousse désormais le bouchon jusqu'à intimider et menacer des clients insatisfaits pour qu’ils en parlent sur Internet faisant ainsi son affaire. De complaintes en complaintes, Google améliorait le classement de ses pages lui apportant de plus en plus de clients.

Cette situation pour le moins scandaleux a fait le tour du web après la publication de l’article du New York Times et a poussé Google à publier un article pas très convaincant dans son blog officiel. Le problème étant que Google est certes une mécanique huilée et très efficace mais un peu stupide puisque n’étant pas encore capable d’analyser le sentiment du texte d’une page web. Que le ton soit neutre, positif ou négatif Google, n’arrive pas à faire la différence et c’est de là que le scandale arrive. Tant que les acheteurs ne prendront pas le temps de rechercher des informations sur les entreprises qu’ils trouvent sur Internet, ce genre d’arnaques continuera hélas. Et pour le moment, Google ne semble pas en mesure d’améliorer son algorithme pour détecter ce genre de tricherie. Pour beaucoup de spécialistes Google devrait commencer à inclure les critiques consommateurs dans ses résultats de recherche. Il le fait déjà lorsque la recherche est locale mais ne le fait pas pour les sites e-commerce. 

2 commentaires:

Anthony Grolleau-Fricard a dit…

Histoire édifiante... nul système n'est parfait.
Par contre, c'est comme dans la vraie vie, le consommateur, le citoyen, l'individu a une part de responsabilité : vérifier la réputation de son interlocuteur.
L'internaute apprend vite...

Guevara a dit…

Tout à fait Anthony aucun systéme ne peut garantir la fiabilité des commerçants sur Internet. C'est l'internaute qui doit être vigilant et doit apprendre à vérifier.